Source : Africanglobalnews.com/rfi
Dans une interview qu’il a accordée à Radio France Internationale (RFI) , le président Wade a accusé les journalistes de l’opposer à son compatriote Jaques Diouf actuel Président du Fonds des Nations Unis pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO). Le Chef de l’Etat a aussi fait savoir qu’il opte pour la réforme de la FAO et non sa suppression.
Le Chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, accuse les journalistes de vouloir le mettre en mal avec son compatriote Jacques Diouf, président du Fonds des Nations Unis pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO). M. Wade a fait savoir sur les ondes de Rfi que ses attaques répétées ne visaient pas personnellement Jacques Diouf mais plutôt l’organisme (FAO) que ce dernier dirige : "Vous savez, les journalistes ont beaucoup trop d’imagination. Je regrette vraiment qu’ils aient transposé mon propos dans une espèce d’adversité avec Jaques Diouf. Jaques Diouf est un Sénégalais", professe le Président.
Et pour prouver sa bonne foi, le Président sénégalais rappelle dans ses propos avoir soutenu Jacques Diouf lors de sa seconde candidature au Fao, puis ajoute que M. Diouf est son parent par alliance pour avoir épousé sa nièce. "Il a été élu pour la première fois avec à l’appui d’Abdou Diouf. Et la seconde fois parce qu’il était mon candidat. Donc, moi je n’ai pas de problème avec Jaques Diouf. Si je l’ai soutenu deux fois c’est parce que je reconnais ses qualités personnelles. Il est un technocrate".
Le Chef de l’Etat, par ailleurs, a fait savoir toujours au cours de cet entretien, que ces appréhensions contre le FAO ne datent pas d’aujourd’hui : "J’ai écrit contre le Fao, il y a longtemps et au moment où M. Jacques Diouf allait à la Fao, pour la deuxième fois, je lui ai dit : "Jacques, cette organisation qui dépense 80% d’administration et 20% d’opération, il faut que tu la changes. Il m’a dit je ne peux pas. Je lui ai dit qu’il faut essayer. Et il a réussi à changer un petit peu le rapport, mais pas dans le sens que je voulais moi –même", explique Abdoulaye Wade.
Comme à son habitude, il a réitéré sa plaidoirie en faveur de l’implantation du FAO comme de la Banque mondiale en Afrique. "C’est un organisme (FAO) qui devrait être en Afrique, auprès des Africains. La Fao compte aujourd’hui plus de 3500 fonctionnaires. Combien d’Africains compte t-elle ? Les 3500 fonctionnaires de la Fao qui disent qu’ils aident l’Afrique, qu’est ce qu’ils ont de plus que les Africains aujourd’hui ? », s’interroge le Président sénégalais face à ses interlocuteurs avant de poursuivre : "C’est de gratte-papiers. Nous en avons (en Afrique)", lance t-il.
A la question de savoir s’il faut supprimer le FAO, il affiche quatre fois un non catégorique. Il opte plutôt pour la réforme de l’organisme onusien. Quoique désireux de voir l’organisme délocalisé en Afrique, il ne plaide pas pour son accueil au Sénégal. Car, d’après lui "Dakar est trop excentrique pour le travail de la Fao". En même temps, il propose un pays comme le Mali ou le Rwanda à titre d’exemple pour abriter cet organisme.
A propos de sa Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana), il a rassuré qu’une partie des semences se trouve sur place et explique qu’il va prêter des semences qu’il remboursera dans six mois. "Au lieu de prendre de l’argent pour aller acheter les semences, je dis je vais perdre du temps. Je demande à ceux qui ont des stocks de me les vendre immédiatement et dans les six mois je le rembourse ; voilà le Sénégal rembourse".
Depuis le mois d’Avril, le Président Wade n’a cessé de multiplier les critiques acerbes à l’endroit du FAO. Il a même menacé de porter plainte contre cette institution .
Frédéric ATAYODI