Paris, 15 mai (APS) - Continuateur de l’ouvrage ‘’Une vie pour l’Afrique’’ commencé par Jean Marc Kalflèche, Gilles Delafon est conscient de toutes les interprétations que les lecteurs peuvent faire de cette initiative de s’associer à l’écriture d’un livre pour un président en exercice.
Dans cet entretien avec l’envoyé spécial de l’APS à Paris, il a affirmé que l’expérience lui a été ’’très bénéfique’’ avec l’opportunité qui lui était ainsi donnée de recueillir le point de vue du président Abdoulaye Wade sur certains ’’dossiers chauds’’ dans son pays, sur l’Afrique et sur l’itinéraire d’un Africain qui ‘’résume 50 années d’histoire du continent africain’’.
QUESTION : Pourquoi le choix s’est porté sur votre personne pour terminer le livre d’entretiens entre Me Wade et Jean Marc Kalflèche ?
GILLES LAFON : Me Wade a choisi de faire ce livre avec un de ses amis journalistes français, Jean-Marc Kalflèche, aujourd’hui décédé . En ce moment, Me Wade était encore un opposant très célèbre au Sénégal. Par fidélité pour son ami et parce qu’il tenait à dire certaines choses sur son itinéraire personnel, il fallait trouver un journaliste et c’est le hasard qui m’a mis sur la route de cette aventure. Je connaissais très peu le Sénégal et je ne connaissais pas le président Wade. Nous avons été mis en contact par l’éditeur.
Q : On peut s’interroger sur l’identité d’un livre d’entretiens, l’intervieweur ou l’interviewé ?
R : Soyons clairs, il ne faut aller chercher loin, ce n’est pas mon livre mais celui du président Wade. C’est lui qui l’a commencé avec
Jean-Marc Kalflèche. Il a mené les débats, vous le connaissez certainement mieux que moi, c’est quelqu’un qui est dans la politique depuis assez longtemps pour ne pas subir un débat. Simplement, il a besoin de quelqu’un pour le relancer. Et ce que j’ai exigé de lui, qu’on puisse parler de tout, il a accepté que je lui pose toutes les questions possibles mêmes les plus gênantes.
Q : Si ce n’est pas votre livre, on peut s’interroger sur ce que vous avez tiré de cette expérience ?
R : Le président Wade avait un message à adresser aux Africains et au-delà au monde entier, il fallait qu’il le sorte en l’expliquant très clairement aux gens à travers quelqu’un, moi, qui ne maîtrise pas bien certains dossiers. Et pendant ces entretiens, moi ce que j’ai retenu pour quelqu’un de pas si jeune, j’ai trouvé une forme de modernité et d’enthousiasme dans sa façon d’aborder les choses qui est incroyable. Et dans son livre, il a tracé plus de 50 années d’histoire de l’Afrique, il résume tout un itinéraire, du panafricanisme de (Kwame) Nkrumah jusqu’à aujourd’hui avec l’idée des Etats-Unis d’Afrique pour faire face à la mondialisation. Sur le plan personnel, en tant que journaliste, est-ce que vous connaissez des journalistes qui refuseraient d’avoir un accès aussi privilégié avec quelqu’un qui est un élément de l’histoire de l’Afrique ?
Q : Vous venez de reconnaître qu
e vous ne connaissez pas bien les sujets développés, n’y-a pas t-il un risque de passer à côté des questions essentielles ?
R : Evidemment, il y a un risque. C’est quelqu’un qui est un fin politique, à qui on ne peut pas faire dire ce qu’il ne veut pas dire. Et qui sait se jouer de la presse. Il a aussi un discours d’une rare franchise. Au bout d’un moment, j’avais cette peur-là mais cela m’a obligé de me plonger dans des livres écrits ces derniers temps sur le Sénégal souvent très violents, accusateurs contre le président Wade. Et j’ai pu lui poser des questions sur ces accusations et ou entre guillemets ces vérités et nous avons eu des rapports très francs.
Q : L’autre risque, c’est la crainte d’avoir fait une hagiographie de Me Wade à travers cet ouvrage ?
Réponse : C’est le risque puisque c’est son livre et c’est lui qui menait les débats. Mais je crois que nous avons parlé de tout, même si je ne suis pas d’accord sur tout ce qu’il dit. Il faut reconnaître que je l’ai trouvé très franc et juste dans ses réponses. Il est vrai qu’on peut craindre d’être en train de défendre sa cause. J’espère l’avoir fait de la façon la plus honnête possible en l’interrogeant sur des dossiers parfois très sensibles comme celui de l’ancien Premier ministre incarcéré puis libéré (Idrissa Seck), l’assassinat d’un juge constitutionnel (Me Babacar Sèye), du passage à tabac d’un jeune opposant (Talla Sylla), du scandale de l’Afrique Aide l’Afrique, du naufrage du bateau Le Joola, etc. Mais après tout, je ne suis pas un accusateur public. Le but c’était de l’amener à dire sa vérité sur toutes les questions brûlantes, on pourra toujours dire que nous ne sommes pas allés assez loin. Personnellement, ça m’a permis de saisir la vision de l’Afrique et la vision d’un Africain qui compte dans les problèmes de la mondialisation actuelle. Je garderai un souvenir de lui, il m’a fait saisir et comprendre par des mots simples et un dessin sur une carte lors d’une rencontre dans sa résidence de Popenguine, de l’isolement du continent africain dans le commerce mondial.
Les vues et les commentaires écrits ci-dessous ne représentent nécessairement pas les vues ou les avis de xalima.com, les médias du groupe Sunuware LLC ou aucune des ses filiales. Des commentaires peuvent être supprimés.
Commentaires [
+ Poster un commentaire ]
PARUTION - L’immolation de la petite-fille du Président Wade... : Mame Marie FAYE raconte les crimes, trahisons et la fin du régime libéral
Source :lequotidien.sn
Alors que le Président Wade a fini de célébrer, en grande pompe et « à grands frais, la sortie de son autobiographie à Paris, le 14 mai, les Editions l’Harmattan » font paraître aujourd’hui à Paris un ouvrage de Mame Marie Faye, « qui met en cause la responsabilité du chef de l’Etat dans ce qui est considéré comme le meurtre de sa petite-fille », Penda Kébé, qui s’était immolée au feu en Italie. « Ceci pour déconstruire l’image d’un homme qui cherche à falsifier son identité au profit d’une (...)
Gilles Delafon : ‘’l’objectif du livre, c’était d’amener Wade à dire sa vérité sur des questions brûlantes’’
Paris, 15 mai (APS) - Continuateur de l’ouvrage ‘’Une vie pour l’Afrique’’ commencé par Jean Marc Kalflèche, Gilles Delafon est conscient de toutes les interprétations que les lecteurs peuvent faire de cette initiative de s’associer à l’écriture d’un livre pour un président en exercice.
Dans cet entretien avec l’envoyé spécial de l’APS à Paris, il a affirmé que l’expérience lui a été ’’très bénéfique’’ avec l’opportunité qui lui était ainsi donnée de recueillir le point de vue du président Abdoulaye Wade sur (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. Wade et Talla Sylla. « J’ai payé les études de Talla Sylla à Grenoble et ses dettes à Londres. ». NDLR :L’interessé a démenti sur xalima.com (voir podcast Talla Sylla).
NDLR :L’interessé a démenti sur xalima.com (voir podcast Talla Sylla).
Source :lequotidien.sn Extrait6
« (…) Comment réagissez-vous lorsqu’on dit que vous êtes derrière le tabassage à Dakar de l’opposant Talla Sylla ?
On dit toujours des choses sans pouvoir les prouver. M. Talla Sylla a pu être tabassé par des quidams. Avant d’aller plus loin, laissez-moi vous dire qu’il est venu me voir récemment et que nous avons parlé de choses et d’autres, en toute décontraction. Figurez-vous qu’il m’a dit : « M. Le (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE - Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions . Naufrage du joola : « c’est de la malchance parce que le véritable responsable est le ps ; »
Extrait3
Source : lequotidien
Mais pour certains Sénégalais, le tournant de votre Présidence semble avoir été le drame du Joola (…) La gestion gouvernementale de cette catastrophe n’a-t-elle pas contribué à mettre fin à l’état de grâce ?
Pas du tout. La question du Joola c’est d’abord de la malchance, parce que le véritable responsable du naufrage est le régime précédent. Depuis 1997, il permettait la surcharge de ce bateau. Malheureusement, l’accident est arrivé pendant que j’étais au pouvoir. Mais je (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE - Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. Wade, pouvoir et réalisations : « , je ne suis pas autoritaire mais j’ai de l’autorité j’ai amélioré le niveau de vie des sénègalais »
. Extrait4
Source : lequotidien.
« (…) Vous avez démocratisé leur (les Sénégalais) vie politique, mais avez-vous suffisamment amélioré leur niveau de vie ?
Oui, j’ai amélioré leur niveau de vie ! Pour preuve, en 2005, pour la première fois de l’histoire du Sénégal indépendant, nous avons maintenu pendant deux années successives un taux de croissance économique supérieur à 6%. Tout cela avec une remarquable tenue des finances publiques, dans un environnement international particulièrement défavorable en raison (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE - Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. Relations avec la presse : « j’ai commis une erreur d’ avoir libéralisé la presse ».
Extrait 2
(…) Mais à partir de 2002, les choses se sont compliquées, la presse s’est montrée notamment beaucoup plus critique à votre égard. Y a-t-il un moment où vous avez senti que cela devenait plus difficile ?
« Heureusement, vis-à-vis des paysans, des masses rurales, j’étais encore en état de grâce… C’est un paradoxe, mais c’est comme ça. Mais lorsque j’ai vu que la presse qui m’avait accompagné et soutenu pendant la campagne électorale de 2000 a commencé à se retourner contre moi, à partir effectivement (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. : « Senghor et moi, tout en étant adversaires, parlions le même langage, tandis qu’entre Diouf et moi, la distance était grande »
Extrait 1
L’OPPOSANT WADE FACE AU REGIME DE DIOUF
« Trois mois après son accession au pouvoir, soit en 1981, son Premier ministre entreprit de modifier le Code électoral sénégalais. Le nouveau, qui fut adopté au mois de juin, supprimait de fait les garanties que nous avions obtenues à l’époque de Senghor. Il n’y avait désormais plus d’assesseurs dans les bureaux de vote : les trois membres, président, assesseur et secrétaire, seraient tous nommés par le préfet, qui les choisirait sur une liste établie (...)
AUTOBIOGRAPHIE DE WADE Une vie pour l’Afrique : Un long parcours de contradictions. Wade, relations et familles : « Si toutes les familles de cadres de notre pays le père, la mère et les enfants travaillaient comme ma famille, le Sénégal aurait vite changé ».
Source :lequotidien.sn
Extrait 5.
Mais dans mon appréciation des hommes, je me suis souvent trompé.
Ah oui ? Pourquoi ?
Parce que, a priori, je ne peux pas comprendre que quelqu’un soit méchant ; c’est contraire à ma philosophie. Je sais que cela pourrait traduire une certaine naïveté de ma part (…) Je me suis disputé plusieurs fois avec ma femme, après le départ d’un visiteur, quand elle portait sur lui une mauvaise appréciation ou me demandait de m’en méfier. Je lui reprochais alors d’être pleine de (...)