Le Parti socialiste (Ps) prône une nouvelle forme de lutte et de résistance pour faire face au régime libéral. Son bureau politique qui s’est réuni hier, vendredi 18 juillet à son siège a réitéré ses appels en direction des Sénégalais « à hisser davantage le combat citoyen par une mobilisation populaire sans précédent, à la mesure de l’extrême gravité de la situation que traverse notre pays ». Selon lui, « le mal est tellement profond qu’il appelle un sursaut patriotique en vue de préserver l’Etat de droit des perspectives funestes que le régime d’Abdoulaye Wade lui dessine ».
Les camarades de Ousmane Tanor Dieng ont ainsi estimé qu’au « niveau actuel de déliquescence de l’Etat de droit, et puisque les indignations, les dénonciations, les condamnations et même les manifestations pacifiques se révèlent toutes impuissantes à freiner la machine infernale du régime libéral, la seule alternative efficace, pour renouer avec un Etat qui s’impose des limitations à son pouvoir, consiste à mettre en œuvre de nouvelles méthodes de lutte et de résistance à l’oppression ».
Pour eux, « depuis huit années, la gouvernance publique, à force d’être orientée vers la répression, les agressions et les régressions de toute sorte, a perdu sens, cohérence et pertinence pour devenir une gouvernance nocive, à l’origine de la banqueroute financière de l’Etat, de la morosité économique et de la conjoncture sociale particulièrement difficile pour les populations ».
Le bureau politique du Parti socialiste s’est insurgé contre la volonté du pouvoir de
re passer la modification de l’article 27 de la Constitution par le Parlement. Il a, à cet effet, souligné qu’une fois encore, « comme qui croirait que la routine du crime a des vertus purgatoires au final, ce Parlement qui souffre d’un déficit criard de légitimité s’associe à un déni de démocratie en s’apprêtant à adopter la révision de l’article 27 sans aucune considération pour l’avis unanime des experts et des citoyens sur la nécessité de passer par la voie référendaire pour modifier cette disposition de la Constitution.
Par un de ces passages en force dont Abdoulaye WADE a le secret quand ses intérêts personnels suprêmes sont en jeu, ne craignant même pas de s’exposer aux quolibets qui ne manquent jamais de souscrire les Présidents qui refusent de se prêter aux suffrages de leurs citoyens et quand s’offre pourtant pour lui la première occasion de confondre les « détracteurs » de son élection truquée de Février 2007 ».
La commission électorale nationale autonome (Cena) a été dans la ligne de mire des socialistes. Ils ont indiqué que « dans cette course folle vers le démantèlement des valeurs démocratiques, la Cena, censée réguler et contrôler le processus électoral, se signale par une inertie coupable après avoir pourtant exprimé son remords tardif sur les fraudes qui ont émaillé le scrutin présidentiel et entaché la sincérité des résultats ». Le Parti socialiste qui ne se satisfait pas du rôle minimaliste dans lequel ce
t organe semble se complaire, appelle la Cena à assumer ses responsabilités en mettant en jeu le mandat qu’elle a reçu de la loi.
Le bureau politique du Ps s’est, en outre, prononcé sur les violations des libertés notamment d’expression et de presse. Une brèche qui lui a permis de revenir largement sur l’affaire Lambel Dieng et Karamokho Thioune ainsi que l’audition du président du groupe « Avenir communication ». Il a incriminé la police et attire l’attention des citoyens mais aussi des autorités de ce corps sur les problèmes que de tels actes peuvent engendrer.
C’est à ce propos que la déclaration a mentionné que « le Parti socialiste, que cette situation inquiète au plus haut point, craint qu’elle ne finisse par provoquer une crise de confiance, voire un climat de défiance entre les citoyens alarmés par les atteintes récurrentes à leurs droits et une certaine police gangrenée par des éléments recrutés parmi la clientèle politique des calots bleus ». Et d’ajouter : « c’est d’ailleurs la raison principale de l’embarras actuel du régime d’Abdoulaye Wade qui rechigne à poursuivre et à sanctionner des éléments d’une Police dont il veut faire le complice actif de sa politique odieuse de musellement des libertés.
La tâche et, au-delà l’impérieux devoir de renouer avec la stricte légalité républicaine, en se débarrassant de la gangrène partisane dont le comportement antirépublicain entache la réputation de la Police, incombent d’abord aux éléments sains de ce corps – et ils sont nombreux – qui, eux comprennent, le sens de leur devise ».
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