ATHLETISME SENEGALAIS De la gloire à la déception…
mardi 13 mai 2008
ATHLETISME SENEGALAIS De la gloire à la déception…
Source : xalima.com
Finis les championnats d’Afrique d’athlétisme à Adis Abeba dimanche dernier. Et le Sénégal, malgré son statut de favori, n’a pu obtenir que trois médailles dont un seul en Or et deux en bronze. Une situation inquiétante pour une discipline qui a valu plus de satisfaction sur le plan continental et international.
L’espoir de l’athlétisme sénégalais est venu de Ndiss Kaba Badji au cours des derniers championnats d’Afrique dans la capitale éthiopienne samedi dernier. Spécialiste du triple saut, le pensionnaire du centre international d’athlétisme de Dakar (CIAD) a décroché l’Or grâce à un bond de 17,07 mètres. Suffisant pour que le Sénégal ne porte pas le bonnet d’âne. Auparavant les relayeurs sénégalais (hommes et dames) aux 400 mètres avaient obtenu les médailles de bronze. Une troisième depuis l’histoire des championnats d’Afrique d’athlétisme après les revers des premiers championnats d’Afrique de 1979 à Dakar et ceux de 1993 à Durban (Afrique du Sud) où le Sénégal avait obtenu trois médailles. Ce qui constitue un bilan maigre au vu de cette discipline qui a valu beaucoup de satisfaction au pays depuis les indépendances. Car dans un passé un peu récent, Amy Mbacké Thiam avait été championne du monde en 2003 à Edmonton et deux ans après, elle décroche la médaille de bronze à Paris au cours de la même manifestation. Auparavant, toujours sur le plan international, Amadou Dia Bâ avait décroche d’argent aux Jeux Olympiques de Séoul (Corée du Sud) en 1988. Aujourd’hui, avec cette déconvenue, les Sénégalais, amateurs de la discipline, se posent des questions. Car tout était tracé pour que l’athlétisme sénégalais continue de briller sur le plan continental comme les années précédentes au cours des mêmes compétitions. Selon des observateurs avertis, il existe beaucoup de facteurs pour expliquer cette piètre performance de nos athlètes.
Lamine Diack, du CIAD et du CRD, partenaires non sollicités
Le premier étonnement des spécialistes de l’athlétisme sénégalais, c’est de pas tirer de l’association internationale de l’athlétisme amateur (IAAF) dirigée par notre compatriote Lamine Diack depuis un peu moins d’une décènie. Etant la troisième personne sportive mondiale après les présidents du comité international olympique (CIO) et de la fédération internationale de football amateurs (FIFA), le Sénégalais dirige une structure riche et avec beaucoup de moyens. Si réellement les responsables de l’athlétisme l’avaient sollicité avec un cahier de charges, il aurait beaucoup fait pour cette discipline qui dégringole d’une manifestation à une autre alors d’autres fédérations profitent de l’aide de l’association internationale. En plus de ne pas profiter de Lamine Diack, les responsables de l’instance dirigeante de l’athlétisme sénégalais n’ont pas pu tirer profit du centre international d’athlétisme de Dakar et du centre régional de Dakar tous implantés au Sénégal. Pour le CIAD, Momar Mbaye, président de la fédération et compagnie devraient profiter des nombreuses possibilités de ce centre pour formeret encadrer les meilleurs athlètes sénégalais. Contrairement au CIAD, le CRD est le creuset et un cadre de réflexion des formations. Le Sénégal aurait pu bénéficier de son installation à Dakar pour former nos techniciens. Et surtout que ce centre est sous la direction de notre compatriote Amadou Dia Bâ.
Une élite mal gérée par les fédéraux
Comme en football ou en basket-ball, les dirigeants de la fédération sénégalaise d’athlétisme sont sans doute des amateurs quand il s’agit de gérer de l’élite autrement dit les expatriés. Au cours de ces dernières années, un véritable s’est posé sur facteur. On ne sent pas une certaine visibilité dans la politique de l’élite pourtant qui nous donne beaucoup de satisfaction. Momar Mbaye et ses hommes, au lieu de gérer les caprices des stars pour donner une meilleure image à leur discipline et honorer le Sénégal en cas de médailles, s’acharnent plutôt sur les athlètes. Et le plus étonnant, c’est le cas de Amy Mbacké Thiam. Cette dernière, quoi qu’il en soit, est la fierté du Sénégal sur cette discipline. De l’indépendance à nos jours, Amy Mbacké est la seule athlètes (hommes et dames et toutes disciplines confondues) à avoir gagner un championnat du monde d’athlétisme. C’était en 2003 à Edmonton (Canada) sur la spécialité des 400 plats. Et deux ans plus tard, elle décroche une médaille de bronze à Paris au cours d’une même compétition. Cet acharnement sur elle a conduit à ses absences aux grandes joutes continentales (Jeux Africains et championnats d’Afrique d’athlétisme). Et le résultat a fait que les chances sénégalaises de remporter une médaille de plus ont été nulles. Présentement encore, la situation est carabinée avec Abdoulaye Wagne qui a refusé de compètir lors des derniers championnats d’Afrique en Ethiopie alors qu’il était une réelle chance de médaille aux 800 mètres. Et les fédéraux, au lieu de chercher une issue heureuse avec cet athlète, préfèrent un bras de fer en décidant de sanctionner pour qu’il ne participe aux prochains Jeux Olympiques de Pékin (Chine). Alors il est lieu de se demander qu’est ce qui se passe exactement dans la tête des fédéraux plus précisément au niveau de la fédération ? Et la seule explication, c’est que les fédéraux ont des problèmes avec l’élite. Parallèlement à ces situations, l’athlétisme comme le football ou le basket-ball est une famille très divisée pour des positionnements et des querelles de chapelle.
Une nouvelle politique pour l’athlétisme sénégalais s’impose
A part les championnats d’Afrique de 1979 et ceux de 1993, l’athlétisme sénégalais vient d’enregistrer ses plus mauvais résultats à Adis Abéba. Et pourtant le Sénégal a été le leader incontesté de la discipline en Afrique de l’Ouest francophone et talonné par la Côte d’Ivoire. Ce qui expliquait que l’athlétisme venait directement après le Kenya, l’Ethiopie et le Nigeria sur le plan africain dans la mesure l’athlétisme sénégalais regorgeait des athlètes de valeur. Aujourd’hui, tel ne semble plus être le cas. C’est probablement qu’il n’existe pas une politique de détection sur les spécialités de demi fonds et de sauts qui avaient valu beaucoup de satisfaction à cette discipline. C’est le cas des 400 mètres (hommes et dames) où le Sénégal a été toujours performant où les athlètes se sont toujours hissés sur le podium. Et le premier d’entre eux fut Amadou Gakou avant que les Amadou Dia Bâ, Ibrahima Wade, Achile Ndiaye et Boubacar Diallo ne les suivent et sans oublier Amy Mbacké Thiam chez les dames. Toujours dans le demi fonds, des athlètes comme Moussa Fall N°2, Mbaye Niang et Cheikh Tidiane Boye ont dignement représenté le Sénégal sur les différentes pistes d’Afrique auxquelles ils ont eu à courir avec des médailles à la clé.
En saut en longueur, hauteur et triple saut, le Sénégal a pendant longtemps régné sur le toit de l’Afrique. En saut en hauteur, Moussa Fall N°1 a été une grande fierté. La preuve en est que son record a tenu pendant plus de 20 ans. Au triple saut, feu Mansour Dia a tenu son rang de grand athlète sur cette discipline pendant de longues années. Aujourd’hui, Ndiss Kaba Badji constitue son unique héritier pour le moment. En décrochant la seule médaille d’Or à Adis Abeba, le Sénégal enlève sa 14ieme médaille dans cette spécialité depuis les premiers jeux à Dakar. Chez les dames, Kène Ndoye, six fois médaillées (or une fois, trois en argent et deux en bronze) reste la Sénégalaise la plus titrée au saut horizontal dans ces championnats avec ces autres médailles en longueur. Autre athlète sénégalais qui donné plus de satisfaction à son pays, c’est sans doute Cheikh Touré en saut en longueur. Plusieurs fois médaillés d’or, il détient toujours le record d’Afrique sur cette spécialité.
Ave ces résultats qui ne trompent pas, les responsables de la fédération sénégalaise d’athlétisme devraient maintenant s’accorder à l’essentiel. Il n’y a pas de doute que les forces de l’athlétisme sénégalais résident sur le demi fonds et les différents sauts. C’est dire qu’il urge maintenant d’insister sur les forces de notre athlétisme, favoriser ces différentes spécialités et faire de la détection. Car ce n’est pas le talent qui manque à nos athlètes, mais plutôt un suivi pour une meilleure formation. ...
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